Guide · Anglais professionnel
CV en anglais : les règles qui changent tout (ce n’est pas une traduction)
Traduire son CV français en anglais est le plus sûr moyen de produire un document étrange pour tout recruteur anglo-saxon : photo là où il n’en faut pas, âge et état civil qui déclenchent des alarmes juridiques, descriptions de postes là où on attend des résultats chiffrés. Le CV anglais n’est pas le même document dans une autre langue — c’est un autre exercice, avec ses codes, sa structure et son vocabulaire. Ce guide les donne tous : différence resume/CV, rubriques attendues, verbes d’action, pièges de vocabulaire, et la façon d’annoncer honnêtement son niveau d’anglais.
Resume ou CV ? Une question de pays (et de longueur)
Aux États-Unis et au Canada, le document s’appelle un resume : une page (deux au grand maximum), taillé sur mesure pour chaque offre. Le mot « CV » y désigne un long document académique réservé aux chercheurs. Au Royaume-Uni et en Irlande, on dit CV, et deux pages sont la norme. Dans les deux cas, la philosophie est la même et diffère radicalement du CV français : ce n’est pas une fiche d’état civil professionnelle, c’est un argumentaire de résultats.
À retirer d’urgence : la dé-francisation
Les recruteurs anglo-saxons opèrent sous des lois anti-discrimination strictes : un CV portant photo, âge ou situation familiale les met en difficulté juridique, et finit souvent écarté pour cette seule raison.
| Sur le CV français | Sur le CV anglais |
|---|---|
| Photo | Jamais (US, UK, CA, AUS) |
| Âge / date de naissance | À supprimer |
| Situation familiale, nationalité | À supprimer (précisez seulement le droit de travailler si utile : “Eligible to work in the UK”) |
| « Curriculum vitae » en titre | Votre nom en titre, tout simplement |
| Loisirs détaillés | Une ligne Interests, seulement si elle dit quelque chose de vous |
La structure attendue
De haut en bas : l’en-tête (nom, ville, e-mail, LinkedIn — pas d’adresse complète), un résumé de profil de deux ou trois lignes (professional summary) qui remplace avantageusement l’« objectif » à l’ancienne, puis Work Experience en ordre antichronologique, Education, et Skills (langues incluses). La règle d’or de la rubrique expérience : chaque poste se décrit en puces de résultats, pas en liste de responsabilités :
Responsible for the sales team. → Led a team of 8 sales reps, growing regional revenue by 23% in two years.
« Responsable de l’équipe commerciale » ne dit rien ; le recruteur anglo-saxon attend l’action + le chiffre + la période.
Reduced customer response time from 48 to 12 hours by implementing a new ticketing system.
Le schéma gagnant : verbe d’action au prétérit + résultat mesurable + comment.
Les verbes d’action : le carburant du CV anglais
Chaque puce commence par un verbe au prétérit (au présent pour le poste actuel), sans « I ». Les valeurs sûres par famille :
| Pour dire que vous avez… | Les verbes qui portent |
|---|---|
| dirigé | led, managed, supervised, coordinated |
| créé | launched, designed, developed, built, created |
| amélioré | improved, increased, reduced, streamlined, optimized |
| réalisé | delivered, achieved, completed, implemented |
| analysé | analyzed, assessed, identified, evaluated |
Attention aux faux amis du CV — les plus coûteux de tous : la formation se dit education ou training (jamais « formation »), la société est une company, un stage un internship, « achever » se dit complete (achieve = accomplir), et actual ne veut pas dire actuel (current position, pas « actual position »). La liste complète des pièges est dans les faux amis anglais.
Annoncer son niveau d’anglais (sans se survendre)
Bannissez « anglais : lu, écrit, parlé » et les « courant » optimistes : utilisez l’échelle CECRL, comprise partout — “English: B2 (upper-intermediate)”, avec un score de test officiel daté si vous en avez un. Deux raisons d’être honnête : le niveau annoncé sera testé dès les premières minutes d’entretien, souvent par un brutal passage à l’anglais au milieu d’une conversation en français ; et un B1 réel assumé passe toujours mieux qu’un « fluent » qui s’effondre. Pour situer votre niveau avant de l’écrire, voyez les niveaux A1 à C2.
La cover letter : courte, ciblée, au bon registre
La lettre de motivation anglo-saxonne tient en trois ou quatre paragraphes : pourquoi ce poste, ce que vos résultats prouvent, ce que vous apporterez — sur un ton direct, sans les formules cérémonieuses françaises (« Je vous prie d’agréer… » n’a aucun équivalent : on termine par “Best regards”). Les codes du registre écrit professionnel sont les mêmes que ceux de l’e-mail professionnel en anglais : c’est le guide à lire en parallèle. Et une fois le CV envoyé, le vrai chantier commence — préparer l’oral qui va avec.